Les termites ailés qui essaiment au printemps ne sont pas une espèce à part : ce sont les reproducteurs d’une colonie souterraine déjà installée. Leur présence sur un bien mis en vente déclenche des obligations précises pour le vendeur, bien au-delà du simple état parasitaire annexé au dossier de diagnostic technique (DDT).
Un essaimage de termites volants signale une colonie mature, active depuis plusieurs années. Les conséquences sur la transaction diffèrent selon que l’infestation touche les parties privatives ou les parties communes.
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Termites volants en copropriété : la responsabilité du syndic dans le diagnostic
La distinction entre termite volant observé dans un appartement et colonie nichée dans les parties communes change radicalement la donne juridique. Plusieurs cours d’appel, entre 2020 et 2024, ont retenu la responsabilité partielle de syndics qui n’avaient pas fait réaliser de diagnostic sur les parties communes alors que des essaimages avaient été signalés par des copropriétaires.
Pour un vendeur en copropriété, la difficulté est double. L’état relatif à la présence de termites annexé à la promesse de vente porte sur le lot vendu, pas sur l’immeuble entier. Si la colonie se développe dans les fondations ou les caves communes, le diagnostiqueur certifié peut constater l’absence de termites dans le lot privatif alors que l’infestation progresse en dessous.
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Nous recommandons de vérifier, avant la mise en vente, si le procès-verbal de la dernière assemblée générale mentionne un signalement ou un traitement. Un acquéreur informé posera la question, et l’absence de réponse documentée peut alimenter un recours en vice caché après la vente.

Extension des zones classées termites : les arrêtés préfectoraux attendus en 2026
La carte des départements soumis à arrêté préfectoral n’est pas figée. Le CSTB et la Fédération française des termites documentent depuis 2022 une progression des infestations en Bretagne, Val de Loire et Île-de-France. Des mises à jour d’arrêtés sont envisagées à l’horizon 2025-2026 pour des départements jusqu’ici partiellement classés.
L’enjeu pour le vendeur est concret : un bien situé dans une commune non classée aujourd’hui peut basculer en zone réglementée entre le mandat de vente et la signature de l’acte authentique. Dans ce cas, le diagnostic termites devient obligatoire en cours de transaction.
Vérifier le classement de sa commune avant la mise en vente
Le réflexe consiste à consulter directement la préfecture ou la mairie. Les plateformes en ligne reprennent souvent des données anciennes. Deux vérifications sont utiles :
- L’arrêté préfectoral en vigueur pour la commune, consultable en préfecture ou sur le site de la préfecture du département.
- Les éventuels projets d’extension de zone, mentionnés dans les rapports techniques départementaux ou les communications de la CS3D.
- La date du dernier arrêté : un arrêté datant de plus de dix ans peut ne pas refléter la progression réelle des colonies, surtout dans les zones pavillonnaires proches de cours d’eau.
Validité du diagnostic termites et calendrier de vente : le piège des six mois
La validité de six mois est le délai le plus court de tous les diagnostics immobiliers obligatoires. En pratique, un diagnostic réalisé au moment de la mise en vente expire souvent avant la signature de l’acte authentique, surtout si la transaction s’étire (négociation, délai de rétractation, obtention du prêt).
Le notaire refusera un état parasitaire périmé. Le vendeur doit alors commander un nouveau diagnostic, avec le risque que le second rapport révèle une infestation absente du premier. Ce décalage n’est pas rare : les colonies souterraines progressent de plusieurs mètres par an, et un essaimage printanier peut intervenir entre les deux passages du diagnostiqueur.
Coordonner le diagnostic termites avec le DPE et l’état amiante
Le DPE a une validité de dix ans, l’état amiante est illimité en l’absence d’amiante. Le diagnostic termites, lui, impose un cadencement serré. Nous observons que les vendeurs qui regroupent tous les diagnostics en début de mandat se retrouvent fréquemment avec un état termites expiré au moment de signer.
La stratégie la plus fiable consiste à programmer le diagnostic termites en dernier, une fois le compromis signé, dans le délai entre compromis et acte définitif. Le diagnostiqueur intervient alors au plus près de la date de signature, et le rapport reste valide.

Termites volants détectés pendant la vente : obligations de déclaration en mairie
L’observation de termites ailés dans un bâtiment ne déclenche pas seulement une obligation de diagnostic. Le Code de la construction et de l’habitation (articles L.133-1 et suivants) impose au propriétaire ou à l’occupant de déclarer la présence de termites en mairie dans un délai d’un mois. Cette déclaration est distincte du diagnostic annexé au DDT.
Un vendeur qui constate un essaimage et ne le déclare pas s’expose à une amende. L’acquéreur qui découvre après la vente que l’essaimage était connu mais non déclaré dispose d’un levier supplémentaire pour engager la responsabilité du vendeur, au-delà de la simple absence de diagnostic.
Ce que le diagnostiqueur certifié cherche lors de l’inspection
Le diagnostiqueur sonde les boiseries, charpentes, plinthes, huisseries et tout élément en bois accessible. Il utilise un poinçon pour détecter les galeries et vérifie les zones humides (caves, vides sanitaires, canalisations). Le rapport mentionne chaque élément inspecté et précise si des indices d’infestation active ont été relevés.
- Un sondage positif sur une plinthe ne signifie pas que la charpente est atteinte, mais il confirme la présence d’une colonie à proximité.
- Le diagnostiqueur ne déplace pas les meubles ni ne perce les cloisons : les zones inaccessibles sont signalées comme telles dans le rapport.
- Le rapport ne prescrit aucun traitement. Il constate un état à un instant donné, ce qui explique la validité courte de six mois.
Un bien vendu sans état parasitaire valide dans une zone classée expose le vendeur à l’annulation de la vente ou à une réduction du prix. Le couplage entre diagnostic termites, déclaration en mairie et vérification du classement communal forme un triptyque que les vendeurs sous-estiment. Anticiper le calendrier du diagnostic par rapport à la signature reste le levier le plus simple pour éviter une complication en fin de transaction.

